Rentrée 2021 : une rentrée catastrophique pour les AESH et pour les élèves.

Un appel national intersyndical invite à la grève toutes et tous les AESH, et tous les collègues des autres corps qui veulent les soutenir, le mardi 19 octobre. Des rassemblements, manifestations et actions sont en cours de préparation dans les départements. Une AG  est appelée mercredi 6 octobre à 14h30 à la Bourse du Travail de Toulouse pour préparer cette journée.

Dans toutes les écoles et les établissements scolaires, c’est le même constat le manque d’AESH est cruel et les conditions de travail suite à la mise en place des PIAL se dégradent fortement. La situation est intenable dans beaucoup d’écoles et établissements. Cela a conduit déjà des équipes d’établissements à se mobiliser (courriers, débrayage…)

Le nombre d’heures d’accompagnement par élève diminue, le nombre d’élèves accompagné·es par un·e même AESH augmente, les AESH peuvent se retrouver à accompagner plusieurs élèves simultanément dans une même classe.

Quant aux salaires, c’est toujours l’indécence ! La CGT Educ’action s’est abstenue lors du vote du 21 juillet sur la nouvelle grille de rémunération. On ne peut se contenter de miettes. Dès le 1er octobre prochain, cette nouvelle grille de salaire des AESH instaurée sera en-dessous du SMIC !

Ce salaire est particulièrement indécent au vu des responsabilités, de l’expertise et du rôle fondamental joué par les AESH. La situation est aggravée par les temps partiels imposés. La « solution » proposée par le ministère sur le contrat « multi employeur » et « multi tâches » est inacceptable. Il faut au contraire reconsidérer le temps de travail et prendre en compte la pénibilité, l’auto-formation, les concertations…La CGT Educ’action demande des obligations réglementaires de service (ORS) d’AESH pour un temps plein et un salaire à 100% à 24h d’accompagnement. Elle exige un vrai statut avec la création d’un corps spécifique de la fonction publique de catégorie B.

L’audience du 16 juillet.

Jeudi 16 juillet, la CGT Educ’action 31 était reçue au rectorat sur la situation des AESH. En Haute Garonne 9000 élèves sont accompagnés, dont 1/3 ont un accompagnement individuel. 4000 AESH en Haute Garonne.

Nous avons eu encore une fois l’impression d’un dialogue de sourds, car le Rectorat est dans le déni de la situation. Ainsi sur la mutualisation, l’administration prétend : « la mutualisation permet « d’intégrer davantage les équipes enseignantes. Les AESH n’ont pas besoin d’être à côté des élèves », mais peuvent aller les voir lorsqu’ils ont besoin d’elles. « Les AESH mobiles nécessitent que les enseignants soient acteurs de l’aide. L’accompagnement humain sert de compensation. »

Le Rectorat invoque l’autonomie des élèves pour justifier la mutualisation à outrance et la diminution des heures d’accompagnement. Nous avons répondu que ’enfant peut être autonome si quelqu’un le rassure à côté. Cela demande une relation proche, une connaissance mutuelle, et tout cela est uniquement possible si il y a un temps de présence important. Le modèle de 3 (voire 4) élèves pour 1 AESH complexifie à l’extrême le travail de ces dernières et conduit à l’émiettement de l’accompagnement et à la perte de sens du métier.  En ce qui concerne la responsabilité de l’enseignant, on ne la nie pas mais il est complètement illusoire que l’enseignant puisse prendre en charge de façon étroite un élève en situation de handicap, dans les conditions concrètes de la classe : classes surchargées…L’AESH doit bien être proche de l’élève, sans se substituer à l’enseignant.e mais par contre en complète coordination avec lui ou elle.

Sur le bilan de l’inclusion scolaire, les représentants du Rectorat ont insisté fortement sur « les efforts » de l’institution en invoquant le fait que AVS puis AESH est un métier récent (depuis 2005) et en soulignant que plus de 100 000 emplois ont été créés.

Nous avons répondu par un constat : l’inclusion scolaire a été mise en place alors que parallèlement on diminuait les capacités des établissements spécialisés (plus coûteux). L’inclusion par ailleurs ne fonctionne pas avec certains élèves ce qui peut générer de la souffrance aussi bien des élèves que des AESH, des autres élèves et des enseignants. Il faut aussi rappeler que les maigres progrès l’ont été aussi suite aux luttes menées par les AVS-AESH et les parents.

Enfin, si on considère que les AESH exercent une mission fondamentale, il faut impérativement les revaloriser. C’est une question importante que celle du sens de notre métier et de la nécessité d’une revalorisation. Les AESH sont mal payées. Leurs salaires ne leur permettent pas de vivre dignement alors que le métier est fondamental.

Les conditions de travail se dégradent : par ex des EDT qui changent d’une semaine à l’autre et qui mettent en difficulté les collègues. Nous avons beaucoup de retours de collègues épuisés ou qui veulent démissionner.

Comme d’habitude, l’administration nous dit que sur les conditions de travail il n’y a pas pas le même retour… A croire que nous ne sommes pas dans la même réalité !!

Environ 80 ETP (Postes équivalent temps plein) seront recrutés à la rentrée. Mais l’administration reconnaît que le nombre d’élèves non accompagnés est encore trop important (entre 500 et 1000).

Au vu du bilan catastrophique de cette rentrée, le nombre de collègues recrutés ne suffit pas !

Malgré les satisfecit du Rectorat le bilan des PIAL ne conduit pas à améliorer les conditions d’accompagnement. Bien au contraire ! Cette logique comptable est désastreuse. AESH, élèves, familles, enseignants, tout le monde est en souffrance !

Faisons le bilan et opposons la réalité du vécu (nombre d’AESH qui manquent, heures en diminution, mutualisation avec plusieurs élèves simultanément, affectations sur plusieurs établissements, élèves non accompagné.e.s…). Nous appelons les équipes à se réunir dans les écoles et établissements pour faire le bilan de la situation. Organisons nous et préparons la grève du 19 octobre.

Le 19 octobre toutes et tous en grève avec les AESH !!

AESH Rentrée 2021

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