AESH grille d’évaluation exigeante versus grille de salaires lamentable! ça suffit!!

Les AESH sont des personnels professionnels dont le travail est difficile, exigeant. S’il fallait encore le démontrer, la grille d’évaluation de l’entretien professionnel l’illustre particulièrement.

Entretien professionnel exigeant!

Il convient d’abord de souligner que cet entretien est de façon générale vu et vécu comme un moyen de pression.

Nous voulons ensuite souligner le haut degré d’exigence induite par la grille d’évaluation de l’entretien professionnel des AESH.

Le fait que la grille académique ait découpé les différents items (regroupés par thèmes dans le modèle national) renforce encore cette exigence.

C’est ainsi que loin d’un simple travail d’exécution, les items « sens des responsabilités, capacité d’anticipation et d’innovation, capacités d’analyse, de synthèse et de résolution des problèmes, dynamisme et capacité à réagir » mettent en œuvre de véritables compétences complexes qui nécessitent autonomie et prise de responsabilité.

Par ailleurs, la seule « maîtrise technique de l’accompagnement d’élèves en situation de handicap » nécessite une grande technicité et se révèle d’une forte complexité, au regard de la diversité des handicaps, à laquelle est confronté·e l’AESH. Complexité renforcée par le choix de la mutualisation via les PIAL, ce qui amène les AESH à accompagner 2 voire 3 ou 4 élèves de handicaps différents simultanément.

Ce haut niveau d’exigence est en décalage avec le salaire dérisoire des AESH

En outre, les items tels que capacité à s’investir dans des projets, capacité à partager l’information, à transférer les connaissances et à rendre compte montre qu’une partie du travail nécessite coordination avec les équipes enseignantes. L’item implication dans l’actualisation de ses connaissances professionnelles, volonté de s’informer et de se former illustre la nécessité absolue de la formation, et la réalité concrète de l’auto-formation. Il est clair que ces différents items impliquent que le travail ne se réduit pas au seul temps d’accompagnement. Cela renforce notre revendication sur le temps de travail : A savoir un temps plein dès 24h d’accompagnement.

Par ailleurs, les conditions d’inégalité dans le travail liées aux différentes situations vécues par les AESH et aux différences de profils d’élèves suivis ne peuvent que relativiser ces évaluations.

Nous dénonçons aussi le fait que contrairement à la circulaire ministérielle, les entretiens professionnels aient été menés par des directeurs et directrices, alors que ce ne sont pas les supérieurs hiérarchiques des AESH et que la circulaire mentionne que les entretiens doivent être menés par les chefs d’établissement ou les IEN.

Nous voulons aussi souligner que parfois, certaines appréciations se basent sur des rapports des enseignants, ce qui est contraire aux textes.

De plus, les remontées de terrain nous alertent sur les conditions dans lesquelles se sont passés certains entretiens : AESH non averties, pas de grille fournie à l’avance, entretiens passés dans la salle des maîtres au moment du café, alors que d’autres personnes étaient présentes…

Certaines AESH ont eu le sentiment d’être jugées sur leur personne et non sur leur travail.

Enfin, des AESH dont le contrat doit être renouvelé n’ont pas eu d’entretien professionnel.

La CGT Educ’action sera vigilante à ce que les entretiens professionnels ne deviennent pas des prétextes à des sanctions qui pourraient se traduire par des non-renouvellements de contrat.

La CGT Educ’action rappelle ses revendications plus que jamais légitimes :

  • l’augmentation des salaires AESH : plancher à 2000€ brut dès 24h d’accompagnement
  • la révision de la grille indiciaire qui doit conserver le principe de 10 points d’écart entre chaque échelon 

Salaires de misère

La grille indiciaire est devenue totalement obsolète en moins d’un an. Actuellement, seulement 3 points d’indice majoré séparent un.e AESH en CDI dans sa 9ème année d’exercice d’une ou d’un AESH dans sa 1ère année de CDD tandis que lors de son entrée en application, la grille affichait un écart de 20 points d’indice majoré. Les deux premiers échelons (6 ans de CDD) correspondent à une rémunération au SMIC. Nous alertons sur la situation de grande pauvreté dans laquelle sont plongés des milliers d’AESH dans le contexte inflationniste actuel.

La CGT Educ’action Toulouse a interpellé le Recteur sur ces points, et sur la non prise en compte des changements d’indices.

Lire aussi le courrier intersyndical au ministre Courrier intersyndical au MEN - AESH (2)

 

 

 

 

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