Haute Garonne Audience AESH du 16 mars 2022

Le 16 mars dernier, notre organisation syndicale a été reçue au rectorat sur la situation des AESH. au niveau départemental.

Administration : M. Bouquet, SG DASEN, M. Destable DASEN Adjoint, Madame Séguigne IEN, M.  Sanchez du SDEI en charge des ressources humaines

CGT Educ’action :3 représentantes dont 2 AESH

En préambule, Monsieur Sanchez qui vient d’intégrer le Service Départemental de l’Ecole Inclusive  est présenté : il aura en charge les aspects RH (gestion des carrières, formation, contrats…)

Nous rappelons dans un 1°temps nos revendications nationales : un statut de fonctionnaire de catégorie B avec revalorisation salariale en conséquence, 24 h d’accompagnement considérées comme un temps plein, l’abandon des PIAL

Sur les différents thèmes abordés, nous nous appuyons sur l’enquête académique que nous avons réalisée, à laquelle plus de 400 AESH ont répondu, enquête actuellement en cours d’analyse.

Conditions de travail

Notre enquête a permis de confirmer qu’il y avait un impact particulièrement dévastateur des PIAL à un triple niveau : sur les conditions de travail, sur la qualité de réponse de l’institution aux besoins des élèves et sur le moral et la santé (psychique comme physique) des AESH, avec une importante aggravation de leur souffrance au travail.

 Pour les AESH qui sont impactés par les PIAL, 95% témoignent de la dégradation de leurs conditions de travail et d’un niveau plus important d’intensité et de fréquence de souffrance au travail d’autant plus élevés que les conditions de travail sont dégradées. La principale cause de souffrance est le salaire, mais viennent ensuite le manque de reconnaissance, la perte de sens du métier, par le saupoudrage de l’accompagnement (augmentation du nombre d’élèves, diminution des heures d’accompagnement aux élèves, systématisation de l’accompagnement simultané)

30% seulement des AESH se sentent pleinement reconnus dans la communauté éducative. La grande majorité ne se sentent pas reconnus comme des personnels à part entière : pas de clés, de casier, ou encore pas d’accès aux documents, pas de codes photocopie, de codes ENT..

Nous déplorons aussi les changements autoritaires d’emploi du temps ou d’affectation, et le manque de respect des AESH.

Nous demandons des mesures de cadrage : limitation du nombre d’élèves, délai de prévenance et accord de l’AESH en cas de changement d’EDT. Il est inadmissible que des AESH soient considéré.e.s comme étant à disposition des établissements, toute la semaine alors qu’elles et ils sont à temps partiel et ont d’autres obligations.

Nous constatons encore que d’autres tâches sont attribuées aux AESH : surveillance, voire accompagnement d’élèves non notifiés, voire même prise en charge de groupes entiers. L’AESH se retrouve parfois à assumer un rôle d’aide de l’enseignant, l’objectif étant très souvent que le cours ou la classe puisse se dérouler sans perturbation. C ‘est un dévoiement du rôle de l’AESH qui peut aussi pénaliser des élèves accompagnés mais qui ne font pas de bruit, et sans rapport une nouvelle fois avec le salaire dérisoire des AESH.

Administration

Se déclare intéressée par les résultats de notre enquête et nous demande de les leur faire parvenir quand ils seront publiés.

Les problèmes ne sont pas niés, mais l’administration refuse de les attribuer aux PIAL. Le problème en Haute Garonne vient surtout d’une pénurie d’AESH et de l’explosion des notifications.

Sur les changements d’affectation, il y a un délai de 30 jours sauf cas « d’urgence » (scolarisation nouvel élève, absence d’AESH…). L’administration reconnaît que des décisions ont pu paraître brutales car non expliquées.

Sur les changements d’emploi du temps et le nombre d’élèves trop important : cela interpelle et mérite réflexion

Sur le manque d’intégration des AESH dans la communauté éducative :  on est conscients des problèmes. On travaille à l’intégration des AESH. Cela progresse. C’est une activité encore « jeune »

Sur l’accompagnement simultané ou le nombre d’heures en diminution, ce n’est pas ça le problème, il faut réfléchir autrement, l’objectif étant de parvenir à l’autonomie des élèves.

L’autonomie est toujours ce qu’on nous avance pour justifier l’accompagnement au rabais, mais c’est un cheminement, cela doit se construire, cela ne peut se faire quand l’AESH a 1 ou 2 heures avec un élève, cela n’a plus de sens et produit souffrance. Et travailler à l’autonomie ne peut se faire qu’en concertation avec les enseignants et avec une réflexion préalable, donc encore du temps, ce qui renforce encore une fois notre demande de considérer un accompagnement de 24h comme un temps complet. 

Sur les activités confiées hors missions, c’est « illégal » et les AESH doivent refuser.

A quoi nous répondons que ce n’est pas si simple. Exemple donné d’une collègue qui a refusé de couvrir des livres et s’est vue accusée de « manque de sens du service public ».

Tensions dans les équipes, rôle des AESH référent.es

Constat de tensions dans les équipes aggravé par le fonctionnement des PIAL et la multiplication des interlocuteurs. D’après notre enquête qui confirme les remontées de terrain sur cette question, près de la moitié des AESH considèrent que l’ AESH référent.e n’assure pas sa mission de pair aidant.e.., ce qui corrobore nos interrogations et nos réserves sur ce poste.

Administration

Invoque encore une fois la « jeunesse » de la structure. Les AESH référent.es vont être formé.e.s.   Si des collègues sortent de leur rôle, le faire remonter. Ce ne sont pas des supérieurs hiérarchiques.

En cas de remontées négatives sur leur travail et/ou de souffrance au travail, nous demandons que les AESH puissent faire entendre leur parole et qu’elle soit prise en compte et respectée, ce qui est loin d’être toujours le cas et est source d’injustices et de maltraitances.

Formation

Nous demandons que les AESH soient directement destinataires des informations sur les plans de formation, sur les droits à congé de formation et sur le CPF (Compte personnel de Formation). Nous demandons de véritables formations sur les différents handicaps

Administration

Cela relève du pôle RH du SDEI  (Service départemental de l’école inclusive) qui vient juste d’être mis en place et c’est donc en construction.

Des formations sont prévues (conjointes avec les enseignants) dans le cadre du PAF et du plan départemental de formation. Les AESH doivent être destinataires de ces informations (rôle des directeurs d’école et chefs d’établissement).

Sur le CPF il faut s’adresser à la DAPFEN.

 

 

Contrats

L’administration nous confirme que la non-acceptation d’un renouvellement de contrat ne permettrait pas à un AESH de percevoir les ARE, car Pôle emploi considère que la situation de non emploi revient au salarié (décret du Ministère des Comptes Publics paru en mai 2020.,  mesure qui ne concerne que les salariés du droit public.)

Cette disposition est particulièrement scandaleuse et conduit les AESH qui voudraient quitter ce métier à une situation d’enfermement dans la précarité et d’emploi forcé. C’est à dénoncer et à combattre.

Santé, gestion des congés maladie et maternité

Constat que l’absence de subrogation pour les personnels relevant du rectorat est source de graves difficultés. Nous demandons que la subrogation soit étendue à tous les personnels

A quelle date sera effective la prise en charge de 15€ pour la complémentaire santé ?

Administration

L’absence de subrogation pour les AESH relevant du rectorat est une « catastrophe » mais la décision en revient au ministère

La prise en charge de 15€ devrait être effective courant mars

Nous ne pouvons nous satisfaire d’une réponse renvoyant encore une fois la responsabilité d’une situation au ministère. L’absence de subrogation oblige à des vérifications lourdes et fastidieuses et place les AESH dans des situations dramatiques.

Frais de déplacement

Difficultés concernant le paiement des frais de déplacement liés au PIAL

Demande de remboursement de tous les frais de déplacement. Constat qu’il n’y a aucun dispositif prévu pour les collègues qui n’ont pas accès aux transports en commun ou ne peuvent utiliser un vélo

Administration

Pour les frais de déplacement liés au PIAL, l’administration reconnaît les difficultés concernant la plateforme « colibri », ce qui a nécessité aux agents de devoir souvent recommencer les démarches.   Dispositifs pour les autres déplacements : remboursement de la moitié de l’abonnement transports en commun, prime « mobilité durable si utilisation d’un vélo

Et les collègues en zone rurale ? Exemples de collègues affectés à 20kms de leur domicile sans possibilité de transports en commun. La situation est intenable financièrement pour les collègues, et s’aggrave avec les frais de déplacement qui s’alourdissent. L’administration doit répondre à cette urgence.

Pas de réponse de l’administration, mis à part que le service social du rectorat est de plus en plus interpellé par des AESH.

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A l’inverse d’audiences précédentes, l’administration s’est voulue à l’écoute et n’a pas nié les problèmes. On avait déjà perçu ce changement de ton à l’audience intersyndicale du 19 octobre.
En conclusion, un changement de ton qui se confirme mais cela ne suffit pas ! Nous ne pouvons-nous contenter de vagues promesses sur l’encadrement des PIAL, de constats sur la misère et la souffrance des AESH ou d’affirmations nous assurant que l’administration fait tout son possible pour l’intégration des AESH. 
Nos revendications nationales sont plus que jamais légitimes.
Nous voulons des actes ! Assez de bla-bla !
Localement, il faut des décisions fortes pour que cessent les abus et pour que les AESH soient respecté.e.s comme des personnels à part entière.

 

 

 

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